En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies permettant d'améliorer votre expérience utilisateur. En savoir plus et gérer ces paramètres.

De Jules Verne à Elon Musk

Lune_ill_1.jpg

Des utopies lunaires au rêve de la scienceLune_ill_2.jpg

Avec De la Terre à la Lune (1865) et Autour de la Lune (1869), Jules Verne s'inscrit dans la longue lignée des essayistes, poètes, romanciers... qui depuis l'Antiquité ont dit le vieux rêves de l'Humanité de voyager dans l'espace et d’atteindre l’astre des nuits, des "histoires vraies" de Lucien de Samosate au IIe siècle Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre jusqu'au "grand canular lunaire" attribué à John Herschell Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre et  à l'Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall d'Edgar Poe Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre (1835) en passant par l'Histoire comique des Etats et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre (1655).

Mais Verne renouvelle aussi profondément ces fantaisies utopiques ou parodiques, comme il le fait dire par l’un des ses personnages : "J’en ai fini avec ces tentatives que j’appellerai purement littéraires, et parfaitement insuffisantes".
Place à la conquête spatiale et aux ressources les plus récentes, non seulement de l’astronomie et de la cosmographie, mais également de la physique, de l’optique et des mathématiques, de la balistique, de la mécanique et de la sidérurgie : sont traités de manière détaillée la "question si complexe du projectile, du canon et des poudres", la vitesse d’impulsion, la durée du vol, la date du départ, l'implantation du pas de tir, le télescope géant des montagnes Rocheuses construit pour suivre la trajectoire du vaisseau spatial…
 

Un travail exigeant et minutieux

Comme l'a en particulier montré Jacques Crovisier, les deux romans de Jules Verne constituent en effet un jalon majeur dans la littérature du voyage à la Lune Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre. S'appuyant sur les meilleures sources Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre, il apporte à leur composition un soin minutieux dont témoignent les manuscrits conservés, couverts de multiples notes, calculs et croquis.

Lune_ill_3_D.jpgLune_ill_4_D.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lune_ill_5_D.jpgLune_ill_6_D.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À découvrir ici Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre en compagnie de Jessica Nelson et Jacques Crovisier, à l’occasion de la publication du fac-similé d’Autour de la Lune aux éditions des Saints-Pères.

Consulter les manuscrits ici Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre.

Lune_ill_7.jpgL'exigence de Verne l’amène même, faute de connaissances suffisantes à l’époque où il écrit, à ne pas autoriser ses héros à alunir et à les contraindre à n’apercevoir la face cachée de la Lune que de nuit, avec une prudence que regrettera Camille Flammarion : "Plus récemment encore, Jules Verne a lancé un wagon-boulet vers la Lune ; mais il est regrettable que ses voyageurs célestes n'aient pas même entrevu les Sélénites" (Astronomie populaire, 1880). Et H.G. Wells, qui franchira allègrement le pas en 1901 avec Les Premiers hommes dans la Lune, s’attirera ce jugement de Verne : "Il m’apparaît que ses histoires ne reposent pas sur des bases bien scientifiques. Non, il n’y a aucun rapport entre son œuvre et la mienne. Moi, j’utilise la physique. Lui, il invente. Je vais à la Lune dans un boulet que projette un canon. Il n’y a rien d’inventé là-dedans. Lui s’en va vers Mars dans un aéronef construit en un métal qui supprime la loi de la gravitation. Ça, c’est très joli, mais qu’on me montre le métal. Qu’on le sorte donc !".

Exigence qui n’empêche d’ailleurs nullement Verne d’ouvrir largement le champ des possibles : "Cette tentative sans précédents dans les annales des voyages amènera-t-elle quelque résultat pratique ? Établira-t-on jamais des communications directes avec la Lune ? Fondera-t-on un service de navigation à travers l’espace, qui desservira le monde solaire ? Ira-ton d’une planète à une planète, de Jupiter à Mercure, et plus tard d’une étoile à une autre, de la Polaire à Sirius ? Un mode de locomotion permettra-t-il de visiter ces soleils qui fourmillent au firmament ?".

Lune_ill_8.jpgEn outre si la matière scientifique et technologique est particulièrement dense, la dimension économique, politique et industrielle de l’entreprise est également traitée, qu’il s’agisse de la capacité des États-Unis à relever le défi technologique et industriel que représente l’aventure spatiale ou du sens du progrès, de ses limites et de ses risques. Ainsi de la vision dantesque du site de Stone’s-Hill arraché à sa nature vierge pour servir au tir du vaisseau spatial : "L’homme seul avait créé ces vapeurs rougeâtres, ces flammes gigantesques dignes d’un volcan, ces trépidations bruyantes semblables aux secousses d’un tremblement de terre, ces mugissements rivaux des ouragans et des tempêtes, et c’était sa main qui précipitait, dans un abîme creusé par elle tout un Niagara de métal en fusion". Ou du portrait sans complaisance de cette "réunion d’Anges exterminateurs, au demeurant les meilleurs fils du monde" que sont les artilleurs du Gun-Club, protagonistes de l’aventure, qui ne peuvent manquer de nous faire penser au complexe militaro-industriel.
 

En savoir plus
La conquête de l'espace selon Jules Verne : dossier pédagogique Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre
Littérature et astronomie : dossier pédagogique Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre
 

"L’un des grands pionniers de l’ère spatiale"

Le récit de Jules Verne n’est certes pas exempt d’erreurs et d’approximations, mais il décrit si bien la réalité à venir que ces deux romans auraient pu suffire à eux seuls à valoir à leur auteur son statut de visionnaire et de référence incontournable de la science-fiction.Melies_color_Voyage_dans_la_lune.jpg

Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre n'est ainsi que le premier exemple des nombreuses adaptations, plus ou moins libres, des romans de Jules Verne.
À voir ici Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre.

Et lorsque au 20e siècle la conquête spatiale devient réalité, tous les cosmonautes et astronautes, de Youri Gagarine à Neil Arsmtrong, tiennent à lui rendre hommage. C’est en particulier le cas de l’équipage du vol Appollo 8 (21-27 décembre 1968) Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre, seconde mission habitée du programme Apollo et première mission spatiale à avoir réalisé :
- la première sortie de l'orbite terrestre,
- la première vision de la Terre dans sa globalité,
- la première mise en orbite autour d'un autre astre (la Lune),
- la première  vision de la face cachée de la Lune,
- la première vision d’une lever de Terre.

Lors de sa visite officielle en France, en février 1969, Frank Borman, commandant de la mission, salua en Jules Verne, dans un cadre-hommage remis à son petit-fils et aujourd’hui conservé au Musée Jules Verne, "l’un des grands pionniers de l’ère spatiale" : "Dans son ouvrage De la Terre à la Lune, il prévoyait non seulement la magnifique aventure que l’humanité vient juste de vivre, mais encore les détails comme le lancement de Floride et l’amerrissage dans le Pacifique, ce qui est bien plus qu’une extraordinaire coïncidence : un hommage au génie de son esprit visionnaire. Il n’imaginait pas seulement quels exploits l’homme pouvait accomplir, mais comment ces exploits pourraient se réaliser, et ceci jusque dans les plus infimes détails".

Lune_ill_10.jpg

Revivez ici Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre, grâce aux archives Pathé, la visite officielle de Frank Borman en France et sa rencontre avec Jean Jules-Verne, petit-fils de l’écrivain.

Lune_ill_11.jpg

En 2020 encore, Buzz Aldrin qui fut, avec Neil Armstrong, l'un des deux premiers humains à marcher sur la Lune, partage sur Facebook son plaisir de recevoir le fac-similé du manuscrit d’Autour de la Lune publié par les éditions des Saints-Pères Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre.



 

Et c'est encore Jules Verne qui est cité comme l'inspirateur d'Elon Musk et de la mission SpaceX Lien ouvert dans une nouvelle fenêtre.

Jules Verne ne fait-il pas dire à Michel Ardan au chapitre XX de De la Terre à la Lune :
"Je ne crois donc pas trop m’avancer en disant qu’on établira prochainement des trains de projectiles, dans lesquels se fera commodément le voyage de la Terre à la Lune. Il n’y aura ni choc, ni secousse, ni déraillement à craindre, et l’on atteindra le but rapidement, sans fatigue, en ligne droite, "à vol d’abeille", pour parler le langage de vos trappeurs. Avant vingt ans, la moitié de la Terre aura visité la Lune !"