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Aux sources du rêve

Rédigeant à la demande du Youth’s Companion de Boston le seul texte autobiographique qu’il ait jamais écrit afin d’expliquer comment lui “vint cette vocation d’écrire”, Jules Verne se tourne vers son “enfance très heureuse”, cette “famille aussi nombreuse qu’unie”, où l’on tenait “en grand honneur les lettres et arts”.

Auprès d’un père féru de littérature et curieux de science, et d’une mère à l’imagination débordante – “l’imagination Allotte ! Il n’y a pas de locomotive Crampton, d’étincelle électrique qui puisse lutter de vitesse avec elle !”, écrira-t-il à vingt ans – les dispositions artistiques du jeune homme s’épanouissent dans un environnement propice au rêve : “dès l’âge de douze ou quatorze ans, j’avais toujours un crayon sur moi et du temps où j’allais à l’école, je n’arrêtais pas d’écrire, travaillant surtout la poésie”.

Sous les fenêtres de la famille Verne se déploie l’activité portuaire. A Chantenay, il robinsonne d’île en île de Loire, et ne manque pas une occasion de visiter les arsenaux de la marine à Indret, fasciné par le fonctionnement des machines. Toutes les composantes du rêve sont en place. Les premiers souvenirs transmis intacts à l’adulte par un enfant rêveur sont bien le creuset de l’œuvre à venir.