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Les mondes connus et inconnus

Sur et sous la terre, sur et sous les mers, dans l’air et à travers l’espace, va ainsi peu à peu s’élaborer l’encyclopédie romanesque des “mondes connus et inconnus” que constituent Les Voyages extraordinaires.

Exact contemporain des grandes découvertes de la deuxième moitié du 19e siècle, Jules Verne effectue “un parcours systématique du globe”, que l’on peut suivre sur la surface usée de son globe terrestre. Déplacement, aventure, connaissance et quête de soi-même sont les quatre sens de l’écriture vernienne. Exerçant son regard au moment où se dessinent les contours de notre monde actuel, où se mettent en place le village mondial et les problématiques qui y sont liées, il est un témoin essentiel qui nous aide à mieux comprendre ce que nous sommes devenus.

Pour mener à bien un tel projet Jules Verne s’est appuyé sur une sensibilité lyrique qui peut aller jusqu’à l’exaltation, aussi bien que sur un sens de l’humour pratiqué depuis l’enfance, qui résiste mal à l’esprit potache mais fait le plus souvent mouche, et sur l’habileté de l’auteur dramatique qu’il est toujours resté. Le fantastique, d’autant plus fort qu’il est contenu par le souci de vraisemblance, est toujours sous-jacent et omniprésent. Il surgit de la description des machines extraordinaires imaginées par Jules Verne pour servir de véhicules à ses voyages : chambre des machines “nettement éclairée” du Nautilus, grand vaisseau “en papier de paille, devenu métal sous la pression” de l’Albatros. Un grand souffle tellurique traverse l’œuvre, en s’appuyant en permanence sur les quatre éléments – air, eau, feu et terre – et les mythes fondateurs qui y sont liés.